La via de la plata, à notre sauce !

Le projet initial est de traverser l’Espagne de Gijon à Séville. Les contraintes de calendrier modifient l’itinéraire qui nous conduira de Salamanque à Matelascañas, sur l’Atlantique, au sud du Parque de La Doñana, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Séville.

1 000 km, 10 000 m D+

Parti le 3 octobre de Lyon Saint-Exupéry, nous rejoignons par Vueling Bilbao, via Barcelone. Visite du Guggenheim, puis 4 h de bus jusqu’à Salamanca. Les trains limitent à quelques uns les vélos. Et il aura fallu de la perspicacité et surtout la gentillesse et compréhension d’une employée de la compagnie Astra pour embarquer à 6 avec 6 vélos dans le même bus. Heureusement hors saison les bus ne sont pas complets.

Inspirés par la Via de La Plata, nous n’avons pas suivi cet itinéraire qui nous paraissait ennuyeux. Ça nous aurait pourtant simplifié la vie pour la logistique (refuges, hotels, transports etc.)
Nous avons « festonné », en cherchant à traverser les sierras et villages qui nous inspiraient.

Les grands paysages de plateaux d’oliviers et de chênes nous ont enchantés, avant que les sierras d’Andalousie, villages blancs et routes tortueuses nous séduisent. L’arrivée sur la Doñana est une récompense. Et un bain dans l’Atlantique, à l’extr^me sud de l’Europe, ça vaut le coup, non ?
Nous ferons des étapes moyennes de 70 km pour rejoindre en 14 jours le sud.

Nous avons pédalé du 5 au 19 octobre 2017. Une jour de tourisme dans la Doñana et enfin 2 jours à Séville pour prendre l’avion de retour le 21 octobre.

Nous avons bénéficié « d’El Verano de los membrillos », l’été indien, anormalement chaud (On nous a dit de 6 à 8° au dessus de la normale) puisque le thermomètre variait entre 15° et 35°. En octobre les jours sont courts. Le jour se lève vers 8:30 et le soleil se couche vers 20:15. Nous pédalions dès le jour, en fait à partir de 9 h et jusque vers 14 h si possible. Les après midi étaient vraiment très chauds pour circuler.
Les routes sont excellentes et les automobilistes respectueux des cyclistes comme nous ne l’avons vu nulle part au monde.

Nous avons trimballé le matériel de camping, environ 3 à 4 kilos, pour ne nous en servir que 3 nuits ! Pratiquement pas de camping dans ces coins, sinon fermés. Des auberges dans tous les villages, qui sont en fait des gros bourgs, avec des prix assez doux, de l’ordre de 20€ par nuit et par personne. Impossible de trouver une machine pour faire des lessives, c’est à la main chaque soir qu’il faut laver son cuissard dans le lavabo.
L’accueil est toujours excellent, simple, cordial et joyeux. On trouve à manger partout, entre épiceries, bars à tapas ou restaurant dans ces pays du jamon iberico. Il ne faut pas choisir cette destination pour faire un régime amaigrissant.

Les routes sont bonnes, voire excellentes malgré quelques entrées de villes aussi laides et dangereuses qu’en France, avec une signalétique à peu près nulle, mais des « bermas », bas côté, assez accueillants pour les vélos. Quelques variantes nous ont permis de goûter les pistes de terre…
Pas trouvé d’occasion de se baigner dans les rios, sauf dans l’Atlantique, à Matelascañas, où l’eau était très bonne malgré un temps pluvio-maussade.

Les villes sont splendides : Salamanque, Séville, Merida, Caceres…les villages souvent très beaux et sympas, Cumbres, El Alberta, Nerva, Zafra, Feria etc, mais surtout beaucoup plus importants que nos clochers sans épicerie ni bistrot qui parsèment la France, mais beaucoup moins nombreux. La campagne est assez déserte, ce qui lui donne son charme.
L’accent andalous appelle l’hispanophone à la modestie…

Il nous reste à parcourir le nord, de Gijon à Salamanque, pour terminer la traverser complète nord-sud.
La Via de La Plata est un chemin jacquère qui conduit de Séville à St Jacques de Compostelle. L’itinéraire « officiel » est plutôt conçu pour les VTT compte tenu de la qualité des chemins. Nous avons préféré nous en éloigner pour visiter les villages et surtout éviter la route principale qui, bien que n’ayant que très peu de circulation, est sans grand intérêt.

Nous recommandons l’itinéraire que nous avons tracé, la période, octobre, pas trop chaude mais agréable, et ne pas emporter de tente, inutile. La Sierra de Gredos, que nous avons laissée à l’est, entre Plasencia et Madrid, mériterait le détour. Pour la prochaine ?

…et quelques images pour vous donner envie :

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De Salamanque à Séville au jour le jour …

Malgré la grève générale en Catalogne, notre vol Lyon-Barcelone-Blibao se déroule sans encombre. Les vélos ont suivi.
Les deux taxis comionettes sont au rendez-vous et nous déposent à l’hotel.
Diner de tapas.
Le lendemain nous comprenons à la Renfe que le transport des vélos de Bilbao a Salamanque ne sera pas possible car le nombre de velo par train est limité et le quota déjà atteint. Après plusieurs aller-retour au terminal de bus, une employée fait preuve de compassion, d’intelligence et de compétence professionnelle et nous partons à 16 h pour Salamanque en bus. Après quelques palabres, un chauffeur de taxi fait deux aller-retour jusqu’a notre gîte ou nous pourrons enfin déballer les vélos.
Visite de Salamanque sous la pleine lune. Fantastique. Nous sommes séduits par cette ville que nous arpenterons en vitesse demain jeudi 5 octobre Avant d’enfourcher nos vélos. Il faudra y revenir.
Apres 55 km nous trouvons un camping, fermé. Devant notre mine dépitée le patron sympa nous ouvre et nous branche l’eau chaude.  Nous ne le verrons plus. On laisse 30€ dans sa voiture vendredi en partant.
Une petite erreur d’itinéraire nous permet de sillonner le massif de Peina de Francia et nous arrivons à El Alberca, beau village de montagne en pierrre. Un peu touristique mais bien restauré.
Camping très cher, qui nous fait payer les vélos au prix des motos, 4€ ! Et pas sympa en plus.
Samedi 7/10 nous partons pour Coria. Contact sympa avec cette petite ville où nous trouvons un hôtel, et dont nous parcourons la vieille ville avant de nous refaire devant une séries de « porciones » .
Dimanche 8/10 nous arrivons à Caceres par la voie de service qui longe l’autoroute. Un barman nous indique un hôtel juste sous la vieille ville. Re-tapas, etc.
Lundi 8 nous déjeunons de churros aussi bons que gras, qui nous accompagnerons jusqu’à midi. Le patron nous montre fièrement son savoir faire.
Lundi arrivée à Merida
Et mardi Badajoz superbe ville romaine, maure et wisigoth. Le musée de peintures nous séduit moins que la ville, ses murailles, La plaza Salta. Gargantuesque diner dans un restaurant de poissons….l’hotel Las Heras que nous avions contacté par mel est plein, mais très gentiement nous réserve 3 chambres chez un confrère « Nizas ».
Mercredi 11/10 nous visons les petites routes. La sortie de Badajoz est pénible à cause du traffic, nous optons pour une route parallèle qui se termine dans le sable ! Retour sur le goudron jusqu’a Valverde de Leganes. Cafés, marché… et la route devient très agréable et bien vallonnée au milieu des oliviers, des chênes, des cochons…jusqu’à Barcarrota où un bar nous offre sa fraîcheur pour pique niquer. Ça se termine en sieste dans le jardin public jusqu’a 16:30. Nous faisons les 20 derniers km à la fraîche pour débarquer vers 18:00 à Salvatierra, dans un hôtel. Toujours pas de camping !
L’hotel Bodega de Salvatierra de los Barros sera notre halte du jour. Ce village semble connu plus sa spécialité d’alfareria, poteries. D’ou son nom ? Nous prenons le PD au bistrot voisin dans un infernal brouhaha. La mère du patron nous a offert, la veille, un verre de rosé, nous parlant du toréador Flores, originaire de la commune et exprimant son inquiétude sur l’affaire catalane.
Dans tous les villages nous remarquons d’une part les nombreux drapeaux espagnols aux fenêtres et d’autre part la mine grave, intéressée et souvent inquiet des gens dans les bars, scotchés devant une chaîne d’info à la TV.

Ce 12 octobre est la fête de la Hispanidad . Des le petit déjeuner on voit quelques cyclistes et nous en croisons beaucoup dans la journée. Nous apprendrons plus tard qu’il y a un rassemblement cycliste autour du lac pour célébrer l’unité espagnole… Nous montons jusqu’au château de Feria après avoir laissé nos sacoches devant un café au village, Fermé jusqu’a 11h , mais vue superbe. Une jolie route nous conduit jusqu’a Zafra, via un petit col. Total : 43 km et >700 D+.
La Plaza Grande de Zafra est superbe et bien animée en ce jour férié.

Vendredi 13 octobre
Par des routes sympas et souvent très tranquilles, nous sillonnons une sierra. La dénivellation totale sera finalement assez haute quand nous arrivons à CumbresMayores. La côte finale justifie bien le nom de ce village blanc surmonté de son château.
Plus de chambre d’hotel. Mais une discussion de bistrot nous permet de rencontrer un monsieur quî met à notre disposition sa maison (125€). Quelle surprise de le voir débarquer vers 19 h avec une bouteille de bordeau blanc, du chocolat, des galettes, une cafetière etc.
En route pour « cenar » nous croisons un groupe de garçonnets de 8 à 12 ans qui s’entrainent pour une chorégraphie sur fond de castagnettes.

Samedi 14 octobre.
La descente de sortie de Cumbres ne dure que 2km. Ensuite c’est une première pente >10%. Et ça se renouvelle dans la matinée. De belles forêts de chênes, des chasseurs, des biches, des montées, des descentes, des jolis villages…Aracena est un bourg célèbrement touristiques par ses grottes «maravillosas ».  Las grutas maravillosas attirent la foule qui s’agglutine dans une rue de restaurants. Nous déposons nos bagages à l’hospedaje de La Reina Pour continuer, allégés vers les villages alentour. Les chasseurs exposent leurs trophées : 5 biches énormes,
Le soir nous nous régalons dans le seul restau ouvert dans la ville désertée, un délice servi avec joie et gourmandise !

Dimanche 15
Rapide descente sur Rio Tinto. La plus grande mine à ciel ouvert d’Europe, dont l’exploitation est arrêtée. Les travaux de réhabilitation du site mobilisent encore d’énormes camions, patrouillant dans des terres de toutes les couleurs. Un petit train nous trimballe sur 11 km le long du Rio Tinto, couleur d’encre rouge, orangée…traversée du cimetière des locomotives, vues sur des terres noires, rouges, « dos de tortues »…
Etape a Nerva, voisine.

Lundi 16 octobre
La route est splendide sur les crêtes de la sierra et descente progressivement jusqu’a la plaine vers 150 m. La zone a été incendiée et est actuellement en cours de reboisement. L’activité de surveillance est intense. Aucune circulation si ce n’est les gardes forestiers. Notre regard est attiré par d’étranges pylônes brillant au soleil. Nous comprendrons plus tard qu’il s’agit de la plus grande centrale solaire d’europe (11MW)
Apres un gros pique-nique au bistrot du village nous prenons une route droite, sale, triste et à fort traffic, qui nous conduit jusqu’à un camping surprise au début de la plaine du delta du Guadalquivir, à Aznalcàzar. Calme, pinède et piscine. Le restau est fermé mais les jeunes gérants nous depanent avec du riz, du thon « Frégate » et sauce tomate…
Bel hotel de bungalows…

Mardi 17 octobre
À travers les plantations d’orangers, de fraisiers etc nous longeons le parc national naturel de Doñana jusqu’a El Rocio. Un air de western , ville dans le sable, vide, à cette époque, des hordes de touristes qui l’envahissent pour le fameux pèlerinage et pendant l’été…Nous enfourchons les vélos pour faire les 15 derniers km qui nous permettent un bain dans l’océan à la Torre de la Higuera à Matalescañas

Mercredi 18 octobre
« Por la madrugada » nous embarquons dans un gros bus 4×4 pour parcourir avec guide et jumelle le nord du Parc. Cerfs, daims, oiseaux…une sorte de Camargue qui n’est pas encore inondée. Mais point de linx, la vedette du parc.
C’est notre 1ère journée sans vélo…et sous la pluie.
L’après-midi, nous déambulons dans ce village de western, pratiquement désert en cette fin d’octobre, prévu pour accueillir en mai le plus grand pèlerinage d’Espagne, d’un million de personnes. Un habitant nous explique que El Rocio reçoit de 7 millions de touristes par an, des allées de sables et d’immenses places pour accueillir chevaux et chariots.

Jeudi 19 octobre
Nous démarrons sous une bruine bretonne qui s’arrête au bout de quelques minutes en suivant les conseils d’une guide du Parc qui nous a indiqué une route qui longe le Parc et qui nous fait découvrir les rizières (Valverde) près de Isla Mayor et les champs de coton. Cigognes, hérons, aigrettes…le ciel est un festival.
Nous avons du mal à trouver le « corridor vert » pour entrer dans Séville qui est très étendue. Mais un réseau de pistes cyclables nous conduit finalement à notre hotel Gran Plaza . Jean-Claude nous fait découvrir le manzanilla, sorte de Jerez seco qui vaut le détour.
Nous rejoignons vite la vielle ville, La Giralda, La Place d’Espagne et bénéficions d’un récital d’une bande de chanteurs guitaristes pendant notre excellent diner dans un restau-tapas.

Le vendredi commence par la visite de l’Alcazar, des jardins, de la Plaza de Toros, etc. Grâce aux conseils de la bru de Marie-Annick, nous dégustons une excellente cuisine dans divers restaurants vraiment remarquable. Avec en prime une sérénade d’une chorale qui dîne dans le resta d’à côté.

La Macedoine : il faut y aller à vélo !

Après un circuit de 25 jours de cyclotourisme en Macedoine (15 juin -10 juillet 2017) voici un petit bilan à l’usage des candidats.

La Macedoine est idéale pour faire du cyclotourisme.

Route.
Un bon réseau de petites routes plutôt bien asphaltées, même s’il faut se méfier des nids de poule. Peu de circulation sauf à l’entrée de quelques villes. Mais attention ! chaussées étroites et sans bas-côté. Les automobilistes sont plutôt respectueux des cyclistes.
Il y a toujours une ancienne route « de service » qui longe l’autoroute et permet de l’éviter . La signalisation est bonne, souvent en lettre slaves et latines.
La carte Gizi Map 1/250 000 est assez fiable.
Avec http://www.mapsme, Wikiloc, openrunner.com + GPS openmbtmap c’était parfait.
Nous avons pris quelques pistes à travers la montagne sans difficulté, mais prévoir des pneus type VTC >32, non des pneus fins de route.
Curieusement les macédoniens sont assez précis quand ils donnent une indication d’itinéraire.
La police et gendarmerie sont très serviables et de bon conseil, même s’il peut leur arriver, dans les villes, par curiosité, de vous demander vos papiers. Ne pas hésiter à aller les voir et les solliciter. Ils parlent souvent anglais.
Guide « Petit Futé «  très incomplet. Des cartes nulles. Mais il semble le seul en français. Voir « les guides bleus » ?
Lonely Planet mieux, en anglais. Pas utilisé.

Nourriture
Nombreuses fontaines ou sources, surtout dans l’ouest, que nous avons bues, comme l’eau du robinet, sans connaître de conséquence gastrique.

Des bistrots et restau dans chaque village, carrefour et autre. Inutile d’emporter des réserves avec soi, sauf dans quelques destinations de monastères. Les villages de montagnes sont souvent quasi abandonnés sans boutique ni restau.
Toujours et partout le même menu de salades, fromage, grillades, » pomfrit ». Légumes délicieux, tomates, poivrons forts et doux, oignons , courgettes, aubergines + chou, carottes et betteraves râpées . Et les bereks !!!
Dans la campagne, dans tout le pays on met du fromage partout, quand il n’y en a pas c’est qu’il y a de la crème ou du yaourt.
Une portion suffit souvent pour 2 personnes. De la bière, pivo, de l’eau de vie, rakkia, des sodas et du café expresso, turc ou Nescafé frappé partout.

Hébergement
La Macédoine n’est pas adaptée au cyclo camping car il n’y a pas ou peu d’infrastructure pour les campeurs. Quand nous avons croisé des campings ils ressemblaient plus à des camps de réfugiés mal entretenus et pas attrayants. La camping sauvage est officiellement interdit et il ne semble pas possible aux particuliers de vous héberger sans autorisation de la police.(à vérifier). En tout cas, ce n’est pas dans les habitudes.

En revanche des auberges et hôtels dans toutes les villes et bourgs (10 à 20€ / personne/ nuit quelques fois avec PD) et des chambres chez l’habitant « homologuée «  (5 à 10€/pers) toujours très propres, même si la plomberie est un art mal maîtrisé dans ce pays. Il y a souvent un hôtel associé à la station service essence.
Certains monastères disposent de konaks, refuges pour les passants. ( 2 à 5 €, voire gratuit + une donation au monastère ). Prudence car certains n’en ont pas, d’autres donnent priorité aux pèlerins orthodoxes, enfin d’autres sont fermés, ou le pope absent ou la gardienne de mauvaise humeur. Des cadres somptueux et soignés. Un confort spartiate. De belles rencontres. Prévoir sa nourriture.

Le site http://www.booking.com est bien pratique et répandu.
http://www.warmshowers.com est peu diffusé. Sur 3 demandes : 2 sans réponse, 1 négative pour cause d’accouchement.
Airbnb à Skopje.

Mécanique et transports
Dépannage : pas de point de vue, nous n’avons eu aucun Pb. Il y a beaucoup de vélos dans le pays. Du plus ancestral utilisé par le paysan pour aller au champ, au VTT le plus moderne utilisé par le jeune cadre urbain.
Des quincailleries partout.

On peut mettre son vélo dans les « vieux » trains, pas les neufs. Se renseigner auprès du chef de gare.
Des bus partout pour aller partout. On peut mettre son vélo dans le bus « en fonction de la place et de la taille du bus ». Selon le bon principe « nema problema ». -Ça se discute
Les taxis acceptent aussi d’embarquer des vélos.

Climat
En juin juillet  (2017) nous avons eu un climat de « bel été » en France. 2 jours de pluie un peu frais en montagne (Mavrovo) et 3 jours de canicule exceptionnelle dans le sud (>40°C)

Pratique
Le macédonien s’écrit en cyrillique, qu’on apprend à déchiffrer. C’est une langue incompréhensible pour non initié. En revanche beaucoup parlent anglais, quelques ex émigrés parlent allemand ou italien, rares parlent français, bien que les français soient « bien vus ».

Des Distributeurs Automatiques de Banques (DAB), dans toutes les villes « d’une certaine importance » . On peut toujours payer en €, bien qu’illégal . La CB est acceptée dans hôtels, restau , supermarchés.
Les macédoniens, H et F, fument énormément, y compris dans les restau et les chambres d’hôtel .
Nous n’avons été embêté par les moustiques que près des lacs, en revanche beaucoup d’insectes volants ou non en montagne ( et oui, c’est l’été aussi en Macédoine.
Des pharmacies dans les bourgs et villes.

En conclusion : il faut y aller
Le pays vaut surtout pour sa nature et ses paysages, les villes ont peu d’intérêt , voire moches, Les sites touristiques sont mal mis en valeur mais déserts. Globalement le pays est sale de détritus plastiques partout.
Le patrimoine religieux est remarquable, la ville de Skopje est une curiosité d’urbanisme kitch.
L’accueil est toujours sympa et respectueux, jamais envahissant, toujours serviable. À part 2 ou 3 sites ( Ohrid, Dojran) l’absence de touriste est une raison de voyager en Macédoine.
Ce pays vaut plus que d’être simplement traversé. Grand comme un grand département français nous y avons fait plus de 1100 km dans le mois, en découvrant chaque fois de nouveaux paysages. Sans site « à couper le souffle.

Pays très montagneux, calcaire à l’ouest, granitique et volcanique à l’est. Les côtes peuvent être raides mais jamais très longues.

Nous avons croisé 1 couple sur un tandem.
Un groupe de Hollandais à vélo, accompagné d’un guide et service de bagages, dans l’ouest. Quelques cyclistes « de route à la journée » macédoniens vers Skopje. Sinon aucun cyclotouriste .

et quelques images pour vous donner l’envie d’y aller :

https://www.icloud.com/sharedalbum/#B0U5fEtEvGfp2qo

 

Coup de vent à Vienne, Vienne en coup de vent.

On le sait, le voyage apporte toujours son lot de surprises.
Non seulement nous n’avons pas eu notre correspondance, mais en plus, une tornade sévissant à Vienne au moment de notre atterrissage, notre avion a remis les gaz pour se poser 2 ou 3 heures à Gratz, avant de nous ramener à Vienne. Ça nous a permis de voir que ce coin doit être joli à visiter : collines et bosses verdoyantes de forêts, villages éparpillés, …
À l’aéroport de Vienne, c’est un bazar monstre. Bon nombre d’avions ont été annulés dont le nôtre. Une attente incroyable pour trouver un nouveau vol. Finalement, le notre serait prévu pour le surlendemain ! Bon, allons dormir dans la dernière chambre disponible en pleine campagne à 45 km de là. On verra demain. Le village où nous dormons est un pays de vignes réputé, mais nous n’en profiterons pas. Il n’y a pas à dire, il nous faudra revenir.
Un coup de fil à Austrian airline en France permet de trouver deux sièges pour le soir. Super, le temps de régler le transfert de nos bagages pour ce nouveau vol et nous voilà partis visiter Vienne en coup de vent.
Nous faisons le tour du centre-ville qui nous impressionne. Les bâtiments impériaux sont magnifiques, les rues, les jardins et les immeubles le sont également et nous apercevons d’autres bâtiments que nous n’aurons pas le temps d’aller voir. Ça nous console de ce contretemps et nous donne envie de revenir y faire un tour !
Cette fois-ci, le voyage semble prendre fin. La question est « nos sacoches et vélos arriveront -ils avec nous à Lyon ? »
Et bien non ! Donc ils nous seront livrés samedi matin ! Heureusement que nous n’en avions pas besoin en arrivant en France.

La boucle est bouclée

Vendredi, notre retour vers Skopje s’effectue par des petites routes sur les collines. Pas mal de voitures quand même. La gestion des ordures de la ville n’est pas top, elles sont brûlées sur les hauteurs.
La traversée de la ville est un peu pénible. Heureusement il y a des pistes cyclables. Le canyon de Makta à quelques km de Skopje, est impressionnant par son étroitesse et la hauteur de ses falaises. Comme l’annonçait le Petit Futé, il y a du monde, en particuliers des mariés qui viennent se faire photographier. Mais l’ambiance reste supportable, et la petite heure de kayak dans le canyon, complétée d’une baignade fraîche, est très agréable et bienvenue.

Le lendemain, en prenant notre petit dej’ dans le village où nous avons dormi, nous discutons avec Salhi Ali, macédonien d’origine albanaise qui travaille à Bâle. Il nous décrit (en italien, qu’il parle couramment) sa perception de la faible place laissée aux albanais en Macédoine, pourtant « installés ici bien avant les Slaves » ! Tout commence au moment où je lui dis « blagodaram » (merci En macédonien). Non « falenderi « , en albanais. Et « chwoila » ? Non, ça c’est en Serbe !!! Cet échange prouve encore une fois combien la situation est complexe et la cohabitation pas facile.
Il nous fait découvrir le jus de cerise, spécialité locale et nous offre café, couronnes de pain au sésame, …. (Le lendemain, nous découvrirons le « boza », boisson à base de farine, pois chiches (?), eau, vanille.)
Retour vers Skopje par une piste piétonne et cyclable, en longeant des champs entiers de cultures de légumes de proximité.
Nous louons une voiture pour 1 j 1/2, pour visiter la Montagne Noire qui surplombe Skopje et sépare la Macédoine du Kosovo et explorer le centre du pays que nous avons contourné.
Les familles prennent l’air dans les jardins d’un des monastères. Les fresques sont superbes et sont de véritables récits de la Bible ou des Evangiles. Mais il ne faut pas avoir laissé son pantalon à la chambre !
Nous fêtons notre voyage le soir, dans un excellent restaurant, à deux pas de chez Goran (Sopski Merak) qui semble réputé chez les Skopliotes.
Dimanche, nous tentons de traverser la montagne vers Makedonia Brot. Mais les deux routes que nous empruntons se terminent l’une par une piste (un forestier nous dit qu’une voiture berline ne peut pas passer, il faut un 4×4.), l’autre au barrage du lac que nous espérions longer ou traverser. Comme me le dira le père de Goran, c’est une région vierge.
Notre obligation de revenir vers Skopje, arrange bien un cycliste autrichien dont la roue a crevé et qui n’a pas de matériel de réparation. On le ramène !
En prenant la route pour Véles, nous passons par des thermes, visiblement musulmans. Espérant trouver un restaurant, nous entrons dans ce qui ressemble à … une salle à manger d’hospices, avec les gens qui mangent leur soupe, le nez dans leur assiette et la serveuse qui pousse un charriot d’hôpital pour servir ou débarrasser ! L’horreur !
La suite de notre périple nous fait « découvrir  » l’ingénieuse utilisation de l’ancienne route dans les gorges, pour un sens de l’autoroute. Ce qui nécessite seulement la construction de deux voies pour l’autre sens, à quelques km de distance, sur le plateau.
Après un dernier tour dans Skopje, il est temps de plier bagages et vélos.
Pour conclure, la Macédoine est une belle destination pour les cyclotouristes. Les paysages y sont très beaux et variés, même si, pour nous Rhone-Alpins, aucun n’est « à couper le souffle ».
Les habitants, quelle que soit leur origine ou leur religion, sont bienveillants, toujours prêts à vous aider et très « réglos » pour les prix. C’est un pays où on se sent en sécurité et bienvenus. Pour autant, il n’y a pour ainsi dire pas de touristes français et peu de touristes en général.
Les routes sont agréables et les chauffeurs très corrects. Globalement la signalisation dans les campagnes est présente, c’est peut-être en ville qu’elle manque. Nos vélos ont bien fonctionné et des étapes de 60 km de moyenne nous ont bien convenu.
Nous avons toujours trouvé des distributeurs de billets dans les villes et les gros bourgs. Idem pour les chambres d’hôtes ou les hôtels. Et c’est toujours très propre. Les fruits et légumes sont délicieux mais la cuisine peu variée.
La richesse historique est inépuisable, notamment pour les lieux de cultes (mosquées, mais surtout églises ou monastères orthodoxes).
Enfin, le climat nous a été plutôt favorable, en dehors de l’orage de grêle à notre arrivée et la canicule fin juin. Un beau séjour.

2:05 h de retard pour l’avion pour Vienne. Aurons-nous notre correspondance ? L’avenir nous le dira !

De Kratovo à Kumanovo

 

En poursuivant notre remontée vers le nord, nous trouvons une campagne très vivante et cultivée : de rizières dans la plaine de Kunica, d’arbres fruitiers, de maïs et de céréales en moyenne montagne. Nos petites routes serpentent entre 600 et300 m, sauf quand nous voulons visiter un monastère, là, il faut remonter vers 800, 900 m. Les paysages sont plus ouverts, c’est beau comme la Haute-Loire ! Et le matin, nous pédalons à la fraîche, dans une jolie lumière. L’été comme on l’aime.


Kratovo a encore du charme, accrochée à la pente au dessus de deux rivières encaissées, malgré ses nombreuses maisons abandonnées qui s’écroulent et un horrible bâtiment « moderne » (à la Louis Pradel, hommage au béton communiste) au dessus de la place du village. On y vient voir ses nombreuses tours médiévales et ses 7 ponts qui relient les 4 rives des deux rivières (vous me suivez ?)


Nous logeons dans une maison vieille de 4 siècles, gérée par Stevce Donesvski (responsable « du centre communal d’art rupestre de Kratovo ») qui maille son discours macédonien à propos de l’âme des Balkans du « slow food » et des « ethno house  » de quelques mots d’anglais. Il nous accueille à 4 heures de l’après-midi avec vin, café turc, rakia, thé, lard, fromage, ….. il m’offre une cuillère en bois et du « sel de Kratovo  » (un mélange d’épices à sa façon) pour mon anniversaire. Le lieu est calme, beau, le personnage vaut le détour, mais son nationalisme slavo-macédonien nous pèse, voire nous inquiète !).
Nous y sommes si bien que nous décidons d’y passer deux nuits, ce qui nous permettra d’aller visiter les « poupées de pierre » qui ne se trouvent pas sur notre route de retour. Cela nous vaut un petit tour de moins de 30 km et une pause « fin-de-matinée-déjeuner-sieste-après-midi « , a l’ombre de parasoles et d’arbres dans le joli jardin d’un petit restau perdu au milieu de la campagne à côté du site.


Je ne peux terminer l’épisode Kratovo (de cratère, probablement) sans évoquer avec émotion le délicieux plats de foie et tripes, proposé par le restau « Gurman ».

Après cette étape repos et gastronomique, nous repartons en direction de Kumanovo, troisième grande ville de la République de Macédoine. Nous traçons notre itinéraire de façon à passer au site préhistorique (Néolithique, semble-t-il) de Cocev Kamen. Il s’agit d’un gros bloc rocheux, haut d’une quinzaine de mètres, qui servait à l’époque d’observatoire des astres et de temple sacrificiel. Le lieu est complètement délaissé, il nous faut traverser hautes herbes et broussailles pour l’atteindre. Même si les éléments ne sont pas très explicites, c’est assez émouvant de mettre les pieds dans des marchés creusées dans la roche il y a entre 8000 et 6000 ans !


Cette région, réputée la plus pauvre de Macédoine, nous montre une activité agricole de moissons intenses, dans de petites exploitations familiales.Cette grosse activité montre une économie d’autosubsistance et probablement d’économie souterraine sinon grise. On note l’importance du traffic entre Skopje et Sofia. Une autoroute est en construction, comment impactera-t-elle la région ?
À midi, dans une minuscule épicerie au milieu de trois maison, nous achetons notre pique-nique, trois hommes sont attablés a une table près de nous, les questions en macédonien se devinent  » d’où êtes-vous? Où avez-vous dormi cette nuit ? Où allez-vous dormir ce soir ? Comment trouvez-vous la Macédoine ? Nous nous comprenons, alors que nous ne parlons pas la même langue et la patronne nous offre le café. Encore une belle rencontre.
Kumanovo n’a d’intérêt que pour l’étape AirBnB, très agréable.

Monastères et rencontres.

Descendre jusqu’à Kucani,a été trop facile et trop rapide. Il nous restait une bonne après-midi devant nous. Que faire ? Le monastère de Pantalejon, à Pantalej, selon le guide du Petit Paumé, propose un konak (chambres pour le voyageur de passage). Nous parcourons les 14 km sous la fraîcheur retrouvée. Les paysages sont magnifiques (on se croirait dans n Haute-Loire 😊), les paysans travaillent aux champs.
Arrivés au monastère, une gardienne au regard aimable comme une porte de prison nous fait comprendre que ce n’est pas possible. C’est clair, net, sans négociation possible, c’est non.
Nous repartons donc pour le village voisin (800 m, maxi) avec l’espoir de trouver une chambre. Le seul habitant du village (Karol), nous fait comprendre qu’il ne peut pas nous loger, que les autres maisons sont fermées, mais qu’il y a le konak !!
Nous lui expliquons par gestes la situation. Il téléphone à quelqu’un (qui?), nous offre un pain, deux oignons, une gousse d’ail et un kg de yaourt « bulgare » fait maison et nous fait signe de le suivre.
Retour au monastère. Il nous fait assoir et commence la négociation. 45 minutes ? 1 heure ? Milka est dure à convaincre. Dans leurs échanges nous entendons souvent dans les réponses de la femme « problème, documents, police ». Dans celles de Karol « Macedonia, français, …. ». Du genre « c’est l’image de la Macédoine qu’on donne aux Français ». À Sveti Ilija, le couple de retraités avait tout de suite appelé la police. Nous croyons comprendre qu’ici, on ne peut pas héberger un étranger sans prévenir la police. Et, en effet, les hébergeurs nous ont presque toujours demandé nos papiers. Pourquoi ici n’appelle -t-on pas la police pour trancher ? Mystère.
Nous patientons sagement, plutôt confiants. Karol est calme, aimable, convaincu !
Au bout de la discussion, soeur sourire ne s’est pas déridée, mais elle prend nos papiers d’identité et Karol va nous faire un café. Sauvés ! Une chambre avec des lits, des toilettes dans une cabane au jardin, un robinet d’eau froide, nous serons à l’abri du vent qui souffle maintenant en rafales. Le bonheur ! Inutile, pensons-nous, de demander si nous pouvons faire cuire nos pâtes dans une cuisine ! On se débrouillera avec nos réserves qui n’ont pas besoin de cuire.
Quand il repart, nous offrons discrètement un Opinel à Karol, pour sa précieuse aide et ses vivres si spontanément offertes. Belle rencontre.
Le lendemain, une piste puis la route qui grimpe à nouveau nous conduise au magnifique monastère de Sveti Levonevski. Situé à 900m d’altitude, sur les pentes intérieures d’un ancien cratère de volcan, il abrite des fresques remarquables du 14 eme siècle. Un pope nous fait visiter l’église. Pas de photos. Tant pis pour vous, il vous reste à venir ou peut-être google !😊

A ce propos, nous vous rappelons que nous ajoutons des photos dans notre album photos, dont le lien se trouve dans notre premier article de Macédoine.

Canicule et moindre effort

Quitter Demir Capija par une piste globalement descendante, loin de la route est très agréable. Certes, Laurent crève trois fois, mais comme le dit un jeune qui le regarde réparer sa chambre à air « maestro ».
Voilà 4 jours que la canicule plombe le Sud de la Macédoine : 39 degrés jeudi, dans une soufflerie brûlante, 44,5 degrés à l’ombre hier, du côté de Strumica. Un gars d’une quarantaine d’années nous dit n’avoir jamais vu ça.
Pédaler de 7 heures à 11 heures est jouable. Après il faut se mettre à l’ombre et attendre que ça passe. La solution ? Arrivés à Strumica, après avoir fait un tour dans la vieille ville nous montons en bus à Berovo. C’est ce qui est fantastique dans ces pays, on case toujours deux vélos et quatre sacoches à l’arrière d’un petit bus sans soute ! On s’arrange. « Nema problem ! »

A Berovo (850 m, dans un paysage de Haute-Loire), il faut attendre 19 h pour que la rue piétonne s’anime, les gamins se courent après, les parents déambulent, certains s’attablent aux nombreuses terrasses de café, pour une bière, une glace, un mastic (sorte d’Ouzo) On respire ! Avant, c’est sieste ou repli sous le grand auvent de l’église du minuscule monastère où vivent encore 3 nones.
C’est dans ce village que nous avons trouvé les meilleurs petits restaurants, avec une vraie cuisine, goûteuse et fine ! Musique « grecque », pas trop forte, gens qui discutent tranquillement. Ambiance.
Pas question de retourner vers la plaine, tant que la température ne sera pas redescendue. La pluie est vaguement annoncée pour dimanche soir et un temps plus doux avec. Nous restons donc une journée dans les environs en montant au lac de barrage de Berovo à 6 km plus haut. Pas de plage et baignades deconseillee, mais nous arrivons quand même à nous baigner dans ce lac aux abords à-pic. L’eau est très bonne, à peine fraîche dans la profondeur. Pas de baigneurs, sauf deux ou trois jeunes à côté de nous.
Un complexe hôtelier, cinq étoiles, à quelques centaines de mètres de là, accueille la bourgeoisie des environs et de la Bulgarie, proche. Jolis bâtiments au milieu d’un jardin bien entretenu, piscine, personnel stylé. Dimanche, la pluie commence à tomber En soirée, l’air fraîchit. Rejoindre la vallée de Konaci est agréable. Nous arrivons dans une plaine de rizières, maïs et arbres fruitiers, les cigognes et leurs petits ont colonisé les poteaux et toits des villages

Economie de la pédale…

Depuis Prilep, nous quittons le « nord-ouest » pour le sud. Non seulement la géographie s’adoucit en laissant les montagnes frontalières qui culminent à près de 3000 m mais la culture change. Las slavo-macédoniens dominent. Le drapeau au soleil rouge et or est très présent. Plus de mosquée, plus de baklavas, plus de drapeaux albanais. Coïncidence, nous arrivons à Prilep juste le lendemain de la fin du ramadan. ( pour le touriste gourmand, il s’agit de trouver la ligne étroite entre le vignoble et les pâtisseries orientales…)


Des monastères et petites églises parsèment le paysage qui est plus plat. Nombre monastères sont en cours de réhabilitation ou d’agrandissement. Concurrence avec les mosquées du nord ouest ?

Autour de Demir Kapija, ce sont d’immenses vignobles. Nous avons dégusté d’excellents vins, dont un remarquable rouge assez boisé et un étonnant muscat sec qui vaut le détour.


L’agriculture semble active, sur des petites parcelles et avec un matériel agricole qui rappelle nos tracteurs des années 60. Elle génère aussi une activité économique autour du machinisme agricole. Idem pour le bâtiment, nous voyons beaucoup de commerces de matériaux de bâtiments et une certaine activité de la construction (résultat des transferts de l’émigration ?). En revanche, il y a du boulot pour les démolisseurs. Les anciennes usines, entrepôts, ateliers restent dans leur jus des années 80 ou 90. Ruines sinistres.

Ce tapis roulant de plus de 40km approvisionnait l’usine de ferronickel

Des grandes usines et complexes industriels sont visibles, nous n’en connaissons pas l’activité . Près de Prilep nous avons vu quelques usines de confection textile. Le salaire ouvrier y serait de l’ordre de 150€ par mois…À Kavadarci l’énorme usine métallurgique ne traite plus le minerai ferronickel des montagnes alentour (le tapis roulant de près de 40 km de long entre mines et usine est arrêté depuis 2013, mais du minerai qui vient du…Guatemala !!!

Dans les montagnes nous apercevons des bâtiments qui semblent être des bergeries. De l’epoque de Tito ? Encore en activité ?

Notre état de voyageurs nous conduit plus dans les bistrots que dans les usines et centres commerciaux. Nous rencontrons donc plus de retraités, comme nous, que d’actifs. Pourtant sur les chantiers, à la gare, dans les stations service et même dans les champs ce sont les jeunes hommes qui travaillent. Les vieux et les femmes assurent souvent la vente directe des produits de la ferme au bord des routes ( ah ! Ces tas de pastèques !)
Le tourisme est plutôt tourné vers une clientèle locale, et quelques stations comme Ohrid, attirent des low-cost européens…est-ce un début ?
Bref, il est difficile de faire de l’analyse économique depuis la selle de son vélo .

Séchoir à tabac près de Prilep
Champs de tabac
Nous voyons quelques centrales photovoltaïques

Mais les commentaires désabusés glanés par ci par là déplorent l’absence d’avenir économique pour La Macédoine, et constatent que tous les jeunes partent pour les pays limitrophes, pour l’UE ou plus loin.

Est-ce parce que nous avons perdu de l’altitude (nous sommes ce soir à 150 m) ou parce que nous sommes plus au sud, toujours est-il que voilà deux jours que nous roulons dans une fournaise, avec en prime, hier, un vent type sèche-cheveux ! Pédaler devient fatigant. Il va falloir s’économiser et remonter au dessus de 1000 m. 

La barbe, pas pratique pour faire du 🚲